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9 février 2009
Voyages PAEC

MP et les chics types (Galapagos 2008)

Par Marie-Pierre B

Deux ans que nous attendions tous ce jour et il est enfin arrivé, comme le divin enfant il y a 2 000 ans. Aurions-nous pu attendre autant ?

Notre divin enfant à nous, ce fût Denis, car il nous apporté sur plateau d’or (sud américain) le rêve de chaque plongeur : sonder les abysses des Galápagos. Tel un troupeau partant en transhumance, notre groupe atteignit Quito, haute capitale de l’Équateur en ordre dispersé, le dernier mouton arrivant bien tard à l’étable qui nous servait de gîte. Idéalement placé dans le quartier des plaisirs, l’hôtel fut le point de rencontres de la troupe, le point d’échanges aussi, de petits déjeuner partagés autour de fromage et de jus de fruit (une des spécialités locales).

Mais, parmi les moutons, nous avions une moutonne, moi en l’occurrence qui vient ici vous faire le récit de ce voyage extraordinaire, et comme ce fut le cas lors d’un précédent voyage, je regardais la télé en attendant mes petits. Car pour moi, point de sauna ni de bars enfumés. (eh oui, pas d’interdiction ici en Équateur). Pendant que ces messieurs découvraient parmi les volutes de fumée et les vapeurs d’eau chaude les jolis minois des équatoriens, je devenais incollable sur la culture du chouchen dans les fermes traditionnelles de la Bretagne septentrionale (vive TV5 !).

Le grand jour arrive enfin ! Nous passons sans encombres les formalités douanière grâce à la célérité de notre guide dépêché par Ultramarina pour l’occasion : les bagages sont dans la soute, et nous sur nos siège, pour voler vers l’infiniment loin.

Une fois nos 100 US $ acquittés, nous avons droit de fouler la terre des Galápagos, mais notre passage sur la terre ferme dura le temps d’un voyage en car avant de prendre possession du bateau, notre « home sweet home » pendant les 7 prochains jours.

Moutonne je suis, moutonne je reste, car j’ai eu le privilège d’occuper seule ma cabine. Bon, en même temps, j’ai échappé à l’indicible, les ronflements de Denis C, suite à une annulation de dernière minute, sinon, qui sait si mes nuits n’en auraient pas été perturbées ?...

Ensuite, ce fut 7 jours de plongées incroyables, des requins baleines en veux-tu en voilà, des tortues pas farouches qui viennent d’un coup de pattes nous rappeler que sous l’eau, nous ne sommes pas grand-chose, simplement des spectateurs émerveillés, des binômes parfois égarés dans le bleu. Les otaries nous font de l’œil, les marteaux mettaient à contribution notre calcul mental (« moi j’en ai vu 43, non, 45, mais si, y’en avait au moins 50 ! »), les mantas déployaient devant nous leurs mandibules argentées, les raies aigles avec leur joli nez retroussé filaient sous nos palmes, les caranges nous enfermaient dans des ballets tourbillonnants, bref, des images pour le reste de notre vie de plongeur…

Sur le bateau, l’ambiance était tout aussi joyeuse, car ayant décidé que seule femme j’étais, je devais me distinguer par des faits d’armes haut en couleurs : tombée entre le zodiaque et le bateau, je fis la joie des hommes d’équipage et des dive master ; tombant du banc avec ma bouteille sur le dos, je devenais alors aussi gracieuse en me relavant qu’un éléphant, et cerise sur le gâteau, j’ai même enfilé ma combinaison avec le cintre, peut-être y voir ici un sex-toy en devenir ?

L’air du large rend sobre, nos réserves d’alcool restent bien au chaud, même l’open bar n’arrive pas à détourner de leurs cabines mes petits camarades. On en profite pour dormir, dormir, dormir et dormir, lire parfois, mais dormir, souvent. Entourée de mes garçons, je passe une semaine dolente, bercée par les babillements d’Eric D. et de Denis C, qui se retrouvent souvent autour du cendrier. Mais comme lorsqu’on savoure un petit pot de chocolat, quand on racle et qu’il n’y en plus, il nous a fallu rentrer, retourner avec les humains, ceux qui « ne savent pas » ce qu’on a vu, ceux qui « ne connaissent pas » toutes les beautés qu’il nous a été donné de contempler, terrestres et sous-marines.

Je garde dans ma tête des images de paradis, je n’avais pas de bounty, mais des compagnons tout aussi délicieux que le lait de noix de coco.

Alors, merci à mes chics types.